Traque au bord du lac (Juillet 2006): Un exemple d'application des arts de l'éclaireurJuillet 2006, Lac de Vassivière. Nous effectuons notre stage près du lac. Nous venons de passer en revu quelques techniques de fuite et d'évasion parmi d'autres savoirs comme les techniques de progression dans l'eau etc...
Arrivent alors un groupe de jeunes
délinquants sous ordonnance 45. Ils viennent se recentrer auprès de la Nature. Nous nous entrainions au bord du lac, sous l'oeil attentif mais moqueur du groupe de jeunes.
Quelques jours plus tard. 5 membre du groupe de jeunes échappent à tout contrôle et s'enfuient dans la nature.
On appelle le lac de Vassivière "mini canada", car c'est une zone très vaste, avec de grandes forêts et surtout de nombreux points d'eau.
Les responsables du groupe et un peloton de la Gendarmerie nationale commencent les recherches. Un peu plus de 12 personnes.
Dans l'après midi, les gendarmes et le directeur viennent me chercher dans le chalet de bois où je me reposais avec ma famille et des stagiaires. Ils me demandent de l'aide, connaissant bien les lieux et étant à même par mes compétences d'éclaireur de les aider à "traquer" les fugitifs.
J'accepte : Ils me proposent de me joindre à l'équipe de gendarmes.
J'écoutais attentivement le directeur du groupe dans sa description des jeunes en fuite (physique, vêtement, dernière direction prise...), et je les revoyais dans mes souvenirs de la vieille, lorsqu'ils jouaient à se couler sur les rives du lac...
Je monte dans le fourgon de gendarmerie et débutent nos recherches. En roulant, les gendarmes me disent "on roule doucement, ouvrez l'œil et dite nous si vous les voyez!". Je souris et leur demande de me déposer : un pistage ne se fait pas d'une voiture, surtout dans une zone aussi verte sur les bords du lac. Il faut marcher.
Les gendarmes poursuivent leur ronde en voiture...Je ne voyais pas en quoi je pouvait leur être utile dans le véhicule, d'autant plus qu'un d'eux pouvait parfaitement faire ce travail. La gendarme au sol avec moi me perd rapidement dans la végétation.
Commence alors le vrai pistage. Je pars, j'observe, je trouve...je suis...Un paquet de cigarette jeté par terre. Plus loin, des empreintes, des fougères écartées, des herbes brisées : 2 jeunes étaient passés par ici.
Encore un peu plus loin, un reste de mégo...puis l'odeur forte de la fumée d'une cigarette dans l'air. Ils étaient là, cachés sous un rocher et de la végétation, à un peu plus 1km de leur lieu de campement de base. j'ai alors contourné leur lieu de cache pour les cerner.
Je ne voulais pas ouvrir les hostilités directement, si ce n'était de les surprendre dans leur cachette afin de leur mettre une certaine pression psychologique pour leur montrer qu'il n'avait pas de chance réelle de fuir ou se cacher. Mon but était plus de les rabattre vers la civilisation.
Arrivée à leur hauteur en toute discrétion sans bruit, ils furent surpris. Débusqué, ils tentèrent une fuite en courant, fuite que j'ai "contrôlé" dans mes déplacements pour les rabattre vers les gendarmes en zone découverte.
Alerté par le reste de mon groupe, deux élèves du stage (laurent et olivier) me rejoignent. Un peu plus d'une heure de pistage et les jeunes étaient retrouvés, se rejoignant tous sur une plage.
Nous étions 3 : les deux stagiaires nommés et ma personne.
Les gendarmes étaient 6 plus les 3 personnels du groupe de jeunes sans compter d'autres gens ayant gagné la foule de recherche.
Nous avons "capturé" au final 4 jeunes, les gendarmes et autres 1 seulement. Fort heureusement, tout s'est passé dans la douceur de notre coté, car nous les avons traqués, puis parqués en les dirigeant avec nos propres déplacements. Pris au piège au pied d'une grande butte et encerclés par des murets, ils n'eurent pas d'autres issues que de se rendre et partir avec les gendarmes dans le fourgon, que nous avions fait prévenir pour nous assister.
Stupéfait par la rapidité d'action que nous avons eu et l'organisation de la "traque", les gens, dont les gendarmes n'eurent que de nous remercier et nous féliciter. Les jeunes , quant à eux, n'étaient pas si heureux que ça que de nous avoir rencontré lors de leurs vacances ce qui me valu le surnom de "poulet ninja" entre une myriade d'insultes.
Voici un bel exemple de l'usage des arts de l'éclaireur, qui doit rappeler bien des souvenirs aux membres présents.
Dans ce cas précis, la science de l'observation, l'art du déplacement et l'art de défense de l'éclaireur (en particulier ses "stratagèmes") furent forts utiles pour aboutir à un dénouement correct, c'est à dire sans violence, avec efficacité.
Amical partage, Jonathan